Marie Laurencin
Estimation, cote et valeur aux enchères
Peintre française (1883–1956), figure de l'avant-garde parisienne proche du cercle cubiste. Ses œuvres vont de 100 € pour une lithographie à plus de 300 000 € pour une huile sur toile.

Marie Laurencin (1883–1956) s’impose comme l’une des rares femmes artistes à avoir fréquenté le cercle de l’avant-garde parisienne du début du XXe siècle, aux côtés de Guillaume Apollinaire et Georges Braque. Son œuvre, immédiatement reconnaissable à sa palette pastel et ses figures féminines éthérées, bénéficie aujourd’hui d’une cote solide et stable sur le marché international : de 100 € pour une lithographie courante à plusieurs centaines de milliers d’euros pour une huile exceptionnelle.
Parcours et œuvre de Marie Laurencin
Marie Laurencin naît le 31 octobre 1883 à Paris. Après des études à l’École de Sèvres — où elle se forme à la porcelaine — puis à l’Académie Humbert, elle intègre le cercle d’avant-garde réuni autour de Pablo Picasso au Bateau-Lavoir, à Montmartre. Sa liaison avec le poète Guillaume Apollinaire (1907–1912) la place au cœur de la bohème parisienne et nourrit une production influencée par le cubisme, sans jamais s’y soumettre entièrement.
Très vite, Laurencin développe un langage pictural qui lui est propre : des personnages féminins aux formes simplifiées, des teintes rose pâle, lilas, gris et blanc, des compositions oniriques et sensuelles. Ce style, parfois qualifié de nymphisme, se consolide dans les années 1920 et 1930, période où elle collabore avec les Ballets Russes de Serge de Diaghilev (décors et costumes du ballet Les Biches, 1924) et illustre des ouvrages de grande bibliophilie pour Lewis Carroll, la Comtesse de Noailles ou Ronsard.
Son œuvre couvre la peinture à l’huile, l’aquarelle, le dessin, la gravure et la céramique. Le catalogue raisonné de l’œuvre gravé et le catalogue raisonné des peintures, établis par Daniel Marchesseau (Kyuryudo, 1986), constituent les références d’authentification pour toute transaction sérieuse.
Marie Laurencin meurt le 8 juin 1956 à Paris. Le Musée Marie Laurencin, fondé en 1983 dans la préfecture de Nagano au Japon, conserve aujourd’hui le plus important ensemble de ses œuvres au monde, témoignant de la fascination durable de l’Asie pour son univers pictural.
Quelle est la cote de Marie Laurencin sur le marché de l’art ?
Marie Laurencin bénéficie d’une cote stable et bien établie, portée par une demande soutenue en Europe, aux États-Unis et surtout au Japon, où l’artiste jouit d’un statut quasi iconique. Les adjudications récentes confirment un prix médian autour de 25 000 € pour ses œuvres passées en vente publique entre 2020 et 2025.
Les records les plus élevés concernent les grandes huiles sur toile de la période de maturité (années 1920–1940). En mai 2014, « Les jeunes filles » a atteint 1 805 000 USD lors d’une vente publique à New York, établissant le record absolu de l’artiste. Les aquarelles et gouaches d’envergure se négocient régulièrement entre 10 000 et 100 000 €, tandis que les ensembles d’illustrations bibliophiles ont dépassé le million d’euros pour des lots exceptionnels.
Parmi les résultats récents observés en ventes publiques :
- « Eve » (huile sur toile) : 35 114 € en vente publique en avril 2024
- « Jeune fille à la couronne de perles et de fleurs » (aquarelle) : 11 000 € en vente publique en avril 2024
- « Le Concert, Trois femmes » (aquarelle) : 12 000 € en vente publique en juillet 2025
Le marché est particulièrement actif pour les œuvres datées entre 1920 et 1940, qui correspondent à sa pleine maîtrise du nymphisme et à ses collaborations les plus prestigieuses.
Comment estimer une œuvre de Marie Laurencin ? Les critères déterminants
La technique et le support
L’écart de valeur entre les différentes techniques est très important. Une huile sur toile de grand format peut valoir cent fois plus qu’une lithographie courante du même artiste. À titre indicatif, les huiles sur toile se situent de 8 000 à plus de 300 000 €, les aquarelles et gouaches de 1 000 à 50 000 €, les dessins de 500 à 15 000 €, et les lithographies et gravures de 100 à 1 500 € pour un tirage courant, jusqu’à 12 000 € pour des états rares ou des illustrations bibliophiles de qualité.
La période de création
Les œuvres de la période de maturité (1920–1940) sont les plus recherchées par les collectionneurs et atteignent les prix les plus élevés. Les peintures antérieures à 1910, encore marquées par les influences fauves et cubistes, suscitent un intérêt historique mais sont moins nombreuses sur le marché. Les œuvres tardives (après 1945) s’adjugent généralement à des valeurs plus modestes, sauf exception.
Le sujet et la composition
Les sujets les plus prisés sont les portraits de femmes, les scènes de groupe féminines et les compositions florales intégrées à des figures. Les portraits d’enfants et les représentations animales — biches, cerfs, colombes — sont également très demandés. Les paysages et natures mortes sans figures humaines se négocient en général à des valeurs plus modestes.
La provenance et l’authenticité
La présence de l’œuvre dans le catalogue raisonné de Daniel Marchesseau est le critère d’authenticité le plus décisif. Une œuvre référencée dans cet ouvrage, ou accompagnée d’un certificat délivré par cet expert, bénéficie d’une prime de confiance significative auprès des acheteurs. Une provenance documentée — collection connue, participation à une exposition passée, facture d’achat ancienne — renforce également la valeur marchande.
Quels sont les prix des œuvres de Marie Laurencin aux enchères ?
Entrée de gamme : les lithographies tirées en grand nombre, souvent issues d’albums bibliophiles ou d’éditions illustrées, s’acquièrent à partir de 100 €. Les dessins rapides ou croquis non aboutis démarrent vers 300 à 500 €.
Milieu de gamme : une aquarelle signée, de belle facture, représentant un visage ou une figure féminine, se négocie typiquement entre 5 000 et 30 000 €. Une huile sur carton ou sur toile de petit format de la période 1920–1935 se situe entre 15 000 et 80 000 €.
Pièces d’exception : les grandes huiles sur toile représentant un groupe de femmes ou une scène élaborée de la période de maturité franchissent régulièrement le seuil de 100 000 € et peuvent dépasser 300 000 €. En vente publique à New York en mai 2014, « Les jeunes filles » a atteint 1 805 000 USD, record absolu de l’artiste.
Les illustrations bibliophiles pour de grands textes littéraires — Lewis Carroll, Ronsard, la Comtesse de Noailles — constituent une catégorie à part : des ensembles complets de dessins originaux ont dépassé le million d’euros lors de ventes exceptionnelles.
Comment reconnaître une œuvre authentique de Marie Laurencin ?
Marie Laurencin signe la quasi-totalité de ses peintures, aquarelles et lithographies de son prénom et de son nom complets, « Marie Laurencin », généralement en bas à droite de la composition, en lettres fines et élégantes, souvent tracées en gris, noir ou bleu pâle. L’absence de signature ne disqualifie pas une œuvre — certains dessins préparatoires ne sont pas signés — mais une signature atypique (criture épaisse, majuscules systématiques, encre noire brillante) doit alerter.
Les deux ouvrages de référence incontournables sont le catalogue raisonné de l’œuvre peint de Daniel Marchesseau (Kyuryudo, 1986) et le catalogue raisonné de l’œuvre gravé du même auteur. Toute œuvre absente de ces répertoires n’est pas automatiquement un faux — la liste n’est pas exhaustive — mais nécessite une expertise approfondie avant toute transaction.
Les faux et les copies sont rares mais existent, en particulier pour les lithographies populaires reproduites sans mention claire d’édition posthume. Une lithographie présentée comme originale alors qu’elle appartient à un tirage commercial du milieu du XXe siècle peut induire une erreur d’estimation considérable.
Comment faire estimer une œuvre de Marie Laurencin ?
L’estimation d’une œuvre de Marie Laurencin repose sur l’examen de plusieurs éléments : la signature, le support, la technique, les dimensions, le sujet, l’état de conservation, la provenance documentée et, idéalement, la présence dans le catalogue raisonné de Daniel Marchesseau. Pour les huiles sur toile, l’état du châssis et de la toile (craquelures, restaurations anciennes) est examiné attentivement. Pour les œuvres sur papier, la qualité du papier, son acidité et les éventuelles piqûres ou rousseurs influencent fortement la valeur finale.
Une estimation fiable peut être réalisée à distance, à partir de photographies de haute qualité (recto, verso, détail de la signature, détail du support). Notre équipe d’experts répond gratuitement à votre demande d’estimation en ligne sous 48 heures.
Ce qu’il ne faut absolument pas faire avec une œuvre de Marie Laurencin
Restaurer sans expertise préalable. Une restauration mal conduite — repeints intempestifs, nettoyage agressif, rentoilage non justifié — peut diviser la valeur d’une huile par deux ou trois. Avant toute intervention, l’œuvre doit être examinée par un restaurateur agréé.
Confondre une lithographie avec une œuvre originale. Les lithographies de Laurencin existent en tirages importants, souvent vendues en librairie au XXe siècle. Certains propriétaires ignorent qu’ils détiennent une reproduction lithographique plutôt qu’un dessin ou une aquarelle originale. La différence de valeur peut atteindre un rapport de 1 à 100.
Négliger le certificat ou le référencement au catalogue. Pour les huiles sur toile ou les aquarelles importantes, une vente sans document d’expertise ou sans référence au catalogue Marchesseau est perçue comme suspecte par les acheteurs avertis — et pénalisée dans les résultats d’adjudication.
Stocker dans un environnement inadapté. Les pastels, aquarelles et œuvres sur papier de Laurencin sont très sensibles à l’humidité et aux ultraviolets. Une œuvre jaunie, décolorée ou attaquée par les moisissures voit sa valeur chuter de façon significative et irréversible.


